Dordogne et Périgord, terre d’histoire..
De la Préhistoire à nos jours, les hommes nous ont légué de nombreux témoignages de leur vie en Périgord Noir. Des grottes ornées aux châteaux forts, des cités troglodytiques aux bastides, ce pays est un véritable livre d’Histoire à parcourir sans retenue. La renommée préhistorique du Périgord n’est plus à faire. En termes de vestiges des temps préhistoriques, c’est la région la mieux dotée de France, voire d’Europe.
Les riches heures historiques du Périgord nous ont aussi légué leur lot de joyaux et témoignages divers de l’art roman, gothique et de la Renaissance.
Les falaises abruptes qui bordent les rivières de la Vézère, de la Dordogne et de leurs affluents, sont creusées de grottes et d’abris sous roche qui ont servi depuis plus de 400000 ans à l’humanité primitive. En outre, elles renferment presque partout de riches gisements de silex, la matière première de prédilection de l’homme préhistorique. Abri et matière première, présence d’une grande variété de gibier, autant de circonstances favorables, rarement réunies ailleurs, ont fait du Périgord une sorte de terre promise des peuples chasseurs du paléolithique.
Près de 200 stations préhistoriques dont la moitié dans la seule vallée de la Vézère prés des Eyzies de Tayac ont été dénombrées en Périgord (sites du Moustier, de la Madeleine...) ; cette région, fouillée dès le XIX°siècle, a ainsi largement contribué à l’essor de la science préhistorique.
Epoque gallo-romaine
La région possède de nombreux vestiges gallo-romains. Nous ne savons que bien peu de choses de nos ancêtres, les Pétrocores ou Petrocorii*, ce peuple de gaulois qui occupait toute la région est cité pour la première fois par Jules César en 50 avant J C. Le Périgord était leur pays, nomé pays "des 4 clans" ou "des 4 tribus". Vivant sur un territoire dont le département de la Dordogne est l’héritier lointain, les Pétrocores prirent part, avec d’autres peuples, à la résistance contre Rome. Bien plus spectaculaires sont les vestiges de la période gallo-romaine. De cette époque, datent vraisemblablement les premiers cluzeaux ; grottes artificielles, souterraines ou aériennes. Ces souterrains-refuges, ces cabines de guetteur, pouvaient abriter parfois des populations entières. On en trouve un peu partout et bien rares sont les falaises qui n’en sont pas percées. * (petro=quatre, corii=clans)
Un territoire convoité
Ephémère possession wisigothique au V°siècle (418-507), le Périgord fut rattaché au royaume de Clovis et subit les vicissitudes de la politique de ses successeurs. Cette confusion quasi générale atteignit son paroxysme lors des campagnes répétées de Pépin le Bref contre le Duc d’Aquitaine Waïffre. Érigée en comté sous Charlemagne, la région entière fut saccagée par les Vikings au milieu du IX° siècle et pendant plus d’un siècle.
Un temps rattaché à l’Angoumois sous Charles le Chauve, le Périgord passa quelques années avant l’an Mille à la maison de La Marche, d’où sont issus les Talleyrand qui donnèrent plusieurs comtes au Périgord et qui régnèrent cinq siècles durant. Nos plus anciennes familles seigneuriales apparaissent à cette époque : les Taillefer, les Biron, les Hautefort...
Le renouveau architectural
C’est du XI° et du XII° siècles que datent véritablement nos premiers chefs-d’oeuvre architecturaux. Partout jaillissent des centaines d’églises romanes, caractérisées souvent par de magnifiques coupoles sur pendentifs. C’est alors une époque véritablement d’éveil, de transformations, d’essor. L’art des troubadours s’épanouit, sculptures romanes et fresques embellissent nos églises. Abbayes et prieurés bénédictins, cisterciens, dominicains, commanderies templières témoignent de l’implantation de la foi chrétienne. Période de renouveau mais aussi époque d’incertitude. Depuis le rattachement de la Guyenne à la couronne des Plantagenêt (suite au remariage d’Aliénor d’Aquitaine en 1152), le Périgord est passé de droit, sous suzeraineté anglaise. En fait, situé à la limite des zones d’influences des deux monarchies, il va longtemps osciller entre les deux dynasties. Dans l’Ouest et le Sud, à partir du XII° siècle, surgissent, créations délibérées, plusieurs villes, royales ou comtales pour la plupart : les bastides. Centres de fixation de populations, détentrices de chartes, anglaises ou françaises, elles sont bâties selon un plan géométrique autour d’une place centrale à cornières. Domme, Monpazier, Beaumont ont conservé intact tout leur charme médiéval. Plus de trois cents ans de luttes quasi incessantes, jusqu’à 1453, fin de la guerre de Cent Ans, vont le déchirer et par contrecoup, modeler sa physionomie. Comme lors des invasions normandes, les populations se réfugièrent dans les cluzeaux et dans les nombreux forts troglodytiques. Le pays entier se hérissa de splendides et austères églises fortifiées, de châteaux forts, altiers et redoutables. Beynac, Castelnaud, Commarque, parmi bien d’autres, en sont de prestigieux exemples. La fin de la guerre de Cent Ans (1453) favorise l’épanouissement de l’architecture urbaine, Sarlat, entre autres, se pare de ses plus belles demeures gothiques et de la Renaissance. Dans les campagnes, la noblesse fait ériger la plupart de nos 1200 châteaux, manoirs et gentilhommières (qui connaîtront, dès la seconde moitié du XVI°siècle, assauts, pillages et incendies, les guerres de Religion ayant été violentes en Périgord).