Historique de la Cité de Sarlat

Sarlat est une cité médiévale qui s’est développée autour d’une grande abbaye bénédictine d’origine carolingienne. Seigneurie monastique, elle atteignit son apogée au XIII° siècle avec 5 000 habitants.

L’origine de l’abbaye se perd dans les légendes. Elle existe au IX° siècle, faisant partie des six grandes abbayes du Périgord (Paunat, Belvès, Saint Front de Périgueux, Brantôme, Terrasson). L’abbaye carolingienne de Sarlat est la seule à avoir été épargnée par les Vikings, située à l’écart de la Dordogne et de ses affluents. Elle a su demeurer indépendante et se plaça en 1153 sous la protection directe du Saint Siège à Rome. Elle fut reconstruite à l’époque romane entre 1125 et 1160. La lanterne des morts est aussi dénommée "Tour Saint Bernard" en raison du passage de celui-ci à Sarlat en 1147 lors de son enquête sur les hérésies. Saint Bernard aurait accompli le miracle des pains guérisseurs au milieu de ce qui fut le premier cimetière de Sarlat, au chevet de l’église, là où s’élève la tour dont la curieuse architecture interroge encore de nombreux esprits. En 1318, l’abbaye fut le siège du nouvel évêché créé par le Pape Jean XXII. L’église abbatiale devint la cathédrale du diocèse de Sarlat. Les évêques, remplaçant les abbés, commencèrent sa transformation architecturale qui fut achevée seulement à la fin du XVII° siècle.

Du XIVème au XVIIème siècle

A partir du XIVème siècle, évêques et consuls se partagèrent le pouvoir jusqu’à la Révolution. Devenue cité épiscopale, Sarlat joua un rôle prééminent lors de la guerre de Cent Ans. Réserve d’hommes d’armes, de munitions et de vivres, la ville fortifiée fut également défendue par les châteaux situés aux alentours et put porter secours à d’autres villes assiégées par les Anglais : Belvès, Domme, Montignac. Elle devint cependant anglaise à la suite du Traité de Brétigny en 1360. Elle se rallia au roi de France 10 ans plus tard lorsque le connétable du Guesclin repoussa les Anglais. Si la victoire de Castillon mit fin, en 1453, à la guerre de Cent Ans, les guerres de religion déchaînèrent leurs ravages un siècle après. La ville, tout en jouant le même rôle que précédemment, dut se rendre deux fois et souffrir des exactions du capitaine de Vivans et du vicomte de Turenne. Le règne d’Henri IV permit à Sarlat de connaître des jours paisibles. De nouveaux chantiers s’ouvrirent dans la ville, complétant les premières reconstructions entreprises entre la guerre de Cent Ans et les guerres de religion. Si de nombreux hôtels particuliers furent édifiés entre la fin du XV° et le début du XVI° siècle, avec la maison de la Boétie et l’Hôtel de Vienne, le début du XVII° siècle se signale par la construction de l’Hôtel de Ville, de l’église des Récollets (Chapelle des Pénitents blancs) et du Présidial.

Du XVIIème siècle à aujourd’hui

La Fronde mit fin à cette période favorable en 1652. Sarlat fut de nouveau occupée par les troupes de Condé. Elle s’en délivra dans le sang. Guerres, épidémies de peste et inondations s’abattirent épisodiquement sur la ville qui, cependant, fut toujours peuplée de 5 à 7 000 habitants. La qualité architecturale de ses monuments et de ses immeubles atteste de son dynamisme et de sa capacité à se maintenir dans les grands courants économiques. Ville de marchands au Moyen Age, elle devint une ville de magistrats aux XVII° et XVIII° siècles, grâce à sa fonction de cité épiscopale, capitale d’un diocèse. La disparition du diocèse à la Révolution lui retira sa prééminence. Devenue sous-préfecture, elle s’endormit, telle la Belle au Bois Dormant, pendant près de 150 ans, pour se revivifier seulement depuis 30 ans. Il est permis de penser qu’en France de nombreuses villes ont possédé d’aussi curieuses et pittoresques ruelles, d’aussi beaux monuments, mais le modernisme a détruit progressivement ces trésors du passé, et nous pouvons aujourd’hui nous réjouir que notre Cité ait été miraculeusement sauvée grâce à la loi promulguée le 4 août 1962 dite loi Malraux Cette loi sur la restauration des secteurs sauvegardés fut appliquée pour la première fois en France à Sarlat. Le centre de la petite cité médiévale avec ses 65 monuments et immeubles protégés servit d’opération pilote pour la mise au point des financements et des critères de restauration. Les immeubles aux façades anciennes, protégés par de magnifiques toits de lauzes ont retrouvé leur authenticité et gagné en confort. Nous sommes aujourd’hui fiers de vous inviter à découvrir une ville d’une beauté sereine. Elle vous laissera un souvenir vivace et l’envie d’y revenir, parfois de vous y installer. Mais Sarlat n’est que le coeur d’un Périgord qui vous offre des milliers de trésors. Découvrez-les sans hâte, afin de bien vous pénétrer de ce sentiment ressenti par cet Américain célèbre (Henri Miller) : "Ici, c’est le Paradis des Français".

(source : office du tourisme de Sarlat)

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